Vous voulez devenir papa ? Augmentez vos chances en arrêtant de fumer !
(Reuters Health) 09/07 – Une vaste étude chinoise suggère que les futurs pères augmentent le risque de fausse couche de leurs partenaires en fumant durant la grossesse, ou même durant la période menant à la conception.
Sur la base de données concernant près de 5,8 millions de grossesses, les chercheurs ont constaté que les femmes dont le partenaire fumait durant les premiers mois de la grossesse étaient 17% plus susceptibles de faire une fausse couche que les femmes ayant des partenaires non-fumeurs.
Les femmes dont le partenaire avait arrêté de fumer au moment de la conception avaient 18% moins de risque de fausse couche que celles dont le partenaire n’avait pas cessé de fumer, rapporte l’équipe de l’étude dans le Journal of Epidemiology & Community Health.
« Bien que nous sachions depuis longtemps que si la mère fume, il y a un risque accru d’issue défavorable de la grossesse, les pères qui fument influencent aussi le ‘succès’ de la grossesse, » a déclaré par e-mail le Dr. Alison Holloway, qui n’était pas impliquée dans l’étude.
La taille de l’étude est particulièrement remarquable, a déclaré Holloway, professeur d’obstétrique et de gynécologie à l’Université McMaster à Hamilton, dans l’Ontario.
Les auteurs ont recueilli des données auprès de femmes non-fumeuses, âgées de 18 à 49 ans, et de leurs maris, dans la Chine rurale. Les couples participaient à un projet national gratuit de bilan de santé avant la grossesse, entre 2010 et 2016. Ce service comprenait trois étapes: un examen de santé avant la conception, un suivi précoce de la grossesse dans les trois mois suivant la conception et un suivi de l’issue de la grossesse pendant environ un an après l’examen de grossesse précoce.
Environ 29% des hommes étaient fumeurs, et le taux global de fausse couche était d’environ 2,5%.
Lorsque le partenaire masculin était non-fumeur, cependant, le taux de fausse couche était de 2,38%, comparé à 2,92% lorsque celui-ci fumait.
Lorsque le futur père cessait de fumer avant ou juste après la conception, le taux de fausse couche était de 2,79%, comparé à 3,35% si le père maintenait son tabagisme.
« L’importance de la lutte anti-tabac, notamment en ce qui concerne le tabagisme paternel, doit être soulignée, et les maris doivent arrêter de fumer lorsqu’ils planifient une grossesse, » écrivent les auteurs de l’étude, dont beaucoup travaillent pour l’Institut National Chinois de Planification Familiale à Beijing, et qui par ailleurs n’ont pas répondu aux requêtes de commentaires.
Alors que les auteurs ont identifié une association entre le tabagisme chez un partenaire masculin et une fausse couche, l’étude ne prouve pas que l’un ait provoqué l’autre. Elle n’a pas non plus examiné les mécanismes par lesquels le tabagisme paternel pourrait influencer la perte du fœtus.
Il y a au moins deux façons possibles selon lesquelles un mari qui fume pourrait influencer une fausse couche, a dit Holloway. Un mari qui fume peut exposer sa femme à des produits chimiques par la fumée secondaire et la fumée tertiaire – c’est-à-dire des dépôts de fumée sur les vêtements, les meubles, les tapis, etc… Alternativement, le tabac pourrait impacter la qualité du sperme du père, menant à des mutations génétiques pouvant à leur tour induire des fausses couches.
« Bien qu’ils aient abordé l’impact du tabagisme paternel, vous ne pouvez toujours pas déterminer comment le comportement tabagique du papa a un impact sur le risque de fausse couche, » a-t-elle déclaré à Reuters Health.
L’incapacité de démontrer la causalité est l’une des principales limites de l’étude, a déclaré par e-mail le Dr. Zev Williams, Chef de la Division d’Endocrinologie de la Reproduction et de l’Infertilité, au Centre Médical Universitaire Columbia, à New York. Williams, qui n’était pas impliqué dans l’étude, a également noté que celle-ci était limitée par sa dépendance au souvenir des patients et ne mesurait pas les niveaux réels de nombreuses toxines produites par le tabagisme.
Il est « très important d’essayer d’optimiser tous les facteurs qui peuvent contribuer à une grossesse saine, » a-t-il noté. « Bien que l’accent ait été mis sur la santé de la mère, cette étude souligne l’importance de son environnement et la contribution du partenaire à la santé de la grossesse. »